La relation des étudiants avec la solitude

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Par Gabrielle Furlatt

La solitude est un état dans lequel chacun a déjà plongé. Elle découle habituellement de l’isolement social. Dans le monde actuel, où réseaux sociaux et technologies de l’information et des la communication connaissent un essor sans précédent, où chacun est connecté à tous, l’isolement social et la solitude sont-ils voués à disparaître? Ou est-ce que l’emmurement derrière les appareils électroniques et le déclin des connexions sociales tangibles vont-ils exacerber le sentiment de solitude chez la population en général?

 

Prenant en compte que les gens se sont sentis seuls ou rejetés depuis que l’Homme est grégaire, on serait tentés de penser que la solitude est une constante du regroupement sociétal et donc, qu’elle sera et a toujours été ce qu’elle est aujourd’hui. Or, jamais l’humanité n’a connu la révolution technologique qui la touche actuellement. Cette révolution altère évidemment la conception de groupe qui a pourtant été une constante du regroupement sociétal, au même titre que la solitude, depuis la société. Jamais l’humain n’a été en relation avec l’entièreté ou presque (excluant les parties du monde que la technologie n’a pas encore rejoint) de la planète et jamais il n’a entretenu autant de relations, bien qu’elles soient impalpables et superficielles. Ce bouleversement du monde de la communication pourrait avoir un impact considérable sur l’isolement social, en positif ou en négatif.

 

Mais qu’en est-il du monde actuel? Pris entre l’hier des relations «vieux-jeu» du face-à-face et des activités sociales et le demain des e-mails et des «DM», l’aujourd’hui reste dans un état d’entre-deux incertain. La Gifle s’est penchée sur la relation qu’entretiennent les étudiants avec la solitude afin de dresser un portrait de la nouvelle génération et de son rapport avec l’isolement social.

 

Nous avons sondé des étudiants au hasard dans le Cégep de Trois-Rivières et voici les résultats:

  • Près d’un tiers (29%) des répondants ont déclaré s’être sentis seuls durant les six derniers mois, le pourcentage baisse à 23% pour le dernier mois et à seulement 16% dans la dernière semaine.
  • Plus de la moitié des étudiants célibataires (53%) ont affirmé que la Saint-Valentin, fête de l’amour, était une source du sentiment de solitude pour eux.
  • 35% des répondants pensent que le Cégep n’offre pas des services adéquats pour lutter contre l’isolement social et 13% ignorait que des services étaient offerts.
  • Pour 70% des étudiants sondés, le stress lié aux études est un facteur aggravant du sentiment de la solitude.

 

La première donnée est encourageante, une plutôt faible proportion des étudiants vivent de la solitude, ce n’est toutefois pas un problème à minimiser, surtout que la troisième donnée montre que les services offerts pour venir en aide à ceux qui vivraient de la solitude sont inadéquats ou méconnus. Finalement, la dernière donnée fait état que le stress aggrave la solitude que vivent les étudiants. Cela s’explique facilement puisque l’anxiété-ou le stress- (en grande hausse au sein de la population étudiante) et la solitude sont des facteurs de détresse psychologique qui peuvent combiner leurs effets et produire des effets considérablement dommageables à la santé mentale.

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