L’Immoralité dans la souffrance – Concours « Une cité pour l’homme »

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Par Félix Gélinas

« Le jour viendra où les personnes comme moi regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent aujourd’hui le meurtre des êtres humains » – Léonard de Vinci

Le végétarisme est un courant de pensée qui s’est popularisé particulièrement au XIXe siècle. Toutefois, certains philosophes avant-gardistes, tels que Léonard de Vinci, Pythagore et même Voltaire ont très rapidement compris les enjeux éthiques que présente la condition animale. Par contre, certaines personnes, par dissonance cognitive, préfèrent éviter la question. Est-ce que le végétarisme pourrait conduire à une cité idéale ? De Vinci dénonçait clairement, selon nous, le spécisme fait par l’être humain. Premièrement, le texte portera sur notre vision des enjeux moraux du problème. Ensuite, nous énoncerons pourquoi nous pensons que de Vinci dénonçait déjà le spécisme et que le meurtre animal est autant significatif que le meurtre d’humain, suivi de la vision d’autres philosophes à ce sujet. Finalement, nous illustrerons en quoi le végétarisme pourrait constituer un mode de vie souhaitable et pourrait conduire à une cité idéale pour l’homme, selon notre vision et celle des philosophes mentionnées.

Tout d’abord, une définition de certains concepts s’impose afin de clarifier davantage le sujet. Le concept de spécisme, selon nous, représente la supériorité exercée par l’Homme sur les animaux. En ce sens, elle représente également une classification hiérarchique des animaux, qui sont considérés en dessous des humains. Un dernier concept à définir serait dissonance cognitive. Quant à nous, le concept sera utilisé de façon à signifier un biais cognitif qui fait en sorte d’ignorer ou d’omettre, de façon volontaire, une information qui vient mettre en question nos valeurs et actions.

Nous pensons que la consommation d’animaux constitue un enjeu moral important et souvent ignoré dans notre société. Le problème est la façon dont les animaux sont traités lorsqu’ils sont destinés à la consommation. Vivant dans des enclos trop petits et ayant une mort souffrante, ces animaux sont traités de façon inhumaine, voire cruelle. En ce sens, cette pratique ne respecte pas les principes de non-malveillance et de justice, ainsi que la valeur de compassion. La consommation d’animaux représente selon nous une action qui a perdu sa valeur morale avec le mode de consommation actuel. Effectivement, nous croyons que l’humain devrait suivre les mêmes méthodes de conduites qu’ils exercent entre eux comme envers les animaux, et devraient considérer que ceux-ci ont également les mêmes droits.

Léonard de Vinci, en dénonçant la cruauté du meurtre animal dénonçait selon nous le spécisme, même à son époque. En ce sens, celui-ci, voyant la qualité de vie médiocre des animaux destinés à être abattu, prend conscience du spécisme exercé par l’homme. L’être humain, se croyant au centre de la chaine alimentaire, se permet de maltraiter et d’abuser des animaux comme il le voit, par simple justification qu’ils n’ont aucune autre raison d’être que celle d’être mangé. En ce sens, celui-ci dénonçait hautement l’arrogance et la cruauté de l’Homme à l’égard des animaux. De Vinci n’était pas le seul philosophe qui croyait que tuer des animaux était similaire à tuer un humain. À cet égard, Pythagore, philosophe de la Grèce antique, avait effectivement le même raisonnement que M. de Vinci. Celui-ci, dans son enseignement, expliquait son concept de transmigration. Ce concept représente donc la présence d’âme humaine dans les animaux. Sur ce point, Pythagore disait que les humains et les animaux partageaient la Terre et étaient leurs enfants. Donc, une âme humaine habiterait les animaux, qui auraient été réincarnés dans un corps d’animal. De plus, afin de respecter les âmes humaines, Pythagore recommandait l’abstention de consommer toute forme de viande animale. D’autre part, le philosophe Voltaire prônait également le mode de vie végétarien. Toutefois, celui-ci ne les considérait pas comme des humains de façon littérale, à la différence de Pythagore. Celui-ci avançait, comme nous l’avons mentionné plus haut, qu’il est immoral de tuer des animaux, et que si nous avions nous-mêmes à tuer ces animaux, nous arrêterions d’en manger. Ainsi, celui-ci évoque également qu’il est absurde de « se nourrir continuellement de cadavre ». De ce fait, celui-ci éprouve une certaine compassion envers les animaux, et énonce qu’il est triste de tuer un être qui partage sensiblement les mêmes émotions que l’Homme. Bref, celui-ci déplore le fait que l’humain a une conception limitée du mal, qui ne prend pas en compte la situation animale. Somme toute, ces trois philosophes perçoivent le meurtre d’animaux comme un acte immonde et immoral, soit parce que l’animal a une âme humaine, que le meurtre en général est indésirable ainsi que parce qu’il est absurde de se nourrir de cadavres.

Finalement, nous croyons que le végétarisme, tel que le voyait de Vinci, pourrait contribuer à parvenir à une cité idéale. Cependant, il conviendrait de définir d’abord ce qu’est pour nous une cité idéale. En ce sens, une cité idéale, selon nous et tel que le voyait de Vinci, devrait être une cité sans contradictions morales et exemptes de toute souffrance physique envers les animaux, où la voix des animaux devraient être adéquatement représentée par les humains, de façon juste. De plus, la cité serait un endroit où la bienveillance règne et où les habitants pourraient discuter et prendre des décisions politiques de façon directe.

Effectivement, selon nous, la consommation de viande animale de nos jours, est hautement immorale. Du fait que les meurtres sont maintenant cachés de la population, nous vivons dans une constante dissonance cognitive, qui nous fait oublier l’horreur que subissent ces animaux. Certes, l’horreur, même cachée, existe toujours et nous croyons irresponsable que nous soyons détachés à ce point de cette réalité afin d’oublier ce côté immoral de notre alimentation. En ce sens, nous croyons qu’une société idéale devrait être cohérente avec ses valeurs et les respecter, sans utiliser certains moyens pour se cacher de certaines réalités déplaisantes. C’est donc pour cela que nous croyons qu’une société végétarienne serait un idéal à atteindre, afin de respecter tous les aspects que nous avons mentionnés.

Comme le mentionnaient Pythagore et de Vinci, le meurtre animal, moralement, est équivalent à un meurtre humain. Alors, pour vivre de façon morale et éthique, les animaux devraient être épargnés de toute souffrance. À cet égard, ces philosophes considèrent que l’animal a autant le droit à la vie que les humains. Les animaux ont alors également des droits à prendre en considération, ce qui ne peut être lorsqu’une société consomme de la viande. De ce fait, pour atteindre un idéal moral et pour respecter certaines âmes humaines qui se seraient réincarnées en animaux, ces philosophes croient qu’une société idéale devrait effectivement être sans souffrance animale, donc végétarienne.

Pour conclure, nous pensons que le végétarisme pourrait conduire à une cité idéale et que la consommation de viande représente une action immorale compte tenu de la situation actuelle. En ce sens, les philosophes mentionnés ont également souligné que tuer des animaux est sensiblement équivalent à tuer un humain et que nous devrions arrêter de manger de la viande afin de respecter notamment les droits des animaux.

 

Bibliographie

Monographie

Caroline Alietti, Alain Bernhardt. Philosophie et rationalité, Laval, éditions Protagoras-
Elaeis, collection Prodicos de Céos, 2009, 446 pages
Jeangène Vilmer, Jean-Baptiste. Anthologie d’éthique animale, Paris, Presses
universitaires de France, 2011, 408 pages

Article de périodique

Larue, Renan. « Le végétarisme dans l’œuvre de Voltaire », dix-huitième siècle, n.° 42,
vol.1 (2010), pages 19 à 34, https://www.cairn.info/revue-dix-huitieme-siecle-
2010-1-page-19.htm (page consultée le 25 octobre 2019)

Site internet

Jacquet, François. « Spécisme », 2018 dans François Jacquet, l’Encyclopédie
philosophique, http://encyclo-philo.fr/specisme-a/ (page consultée le 30 octobre
2019)

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