Oblitération de la nation

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Par Olivier Leblanc-Beaudry

Depuis l’arrivée des Européens au Québec, le peuple québécois s’est retrouvé soumis à divers régimes. Subornés face aux Français, aux Britanniques et à une fédération à laquelle nous n’avons jamais adhéré démocratiquement, les Québécois ont réussi à se forger une culture, c’est-à-dire une vision du monde et une identité authentique et voire unique. Nonobstant les défaites historiques que nous avons subies, nous ressortons gagnants du colonialisme impérialiste. En effet, malgré des tactiques d’assimilations, plus malines et sournoises les unes des autres, de la part de Londres et plus récemment d’Ottawa depuis 1867, nos différences demeurent. Oui, nous, petit bastion de francophones ayant des valeurs et des traditions uniques au monde, survivons depuis belle lurette. D’ailleurs, peu importe votre origine, vous pouvez être fier d’être Québécois : grand peuple inclusif et attentif par rapport à autrui malgré les préjugés de plusieurs. N’oublions pas que sans le Québec, le Canada serait beaucoup plus américanisé. Certes, sans le Canada, les Québécois seraient davantage épanouis, car tous les leviers nous permettant d’être pleinement nous-mêmes se retrouvent à Ottawa. Imaginez un instant les immenses décentralisations ministérielle et économique que notre indépendance nous offrirait. Terminé les milliards envoyés chaque année à Ottawa en taxes et en impôts! Terminé les divergences d’opinions, car désormais, nous aurions notre propre voix à l’international, donc personne ne nous obligerait entre autres à nous retirer de Kyoto tel fait par le Canada en 2011! Terminé le dualisme anglais/français qui visiblement n’a jamais fonctionné; encore moins dans l’ère du multiculturalisme. Équité sociale, égalité hommes/femmes, préconisation des énergies renouvelables, autarcie énergétique ainsi qu’alimentaire et j’en passe; quoi de mieux pour une population qui ne cesse d’être limitée pour s’épanouir!

Un juste milieu social et culturel : l’interculturalisme

Je ne juge aucunement mes compatriotes qui s’inféodent des philosophies canadiennes. Il est malheureusement normal pour un peuple conquis d’adopter une attitude et des valeurs similaires à celles du conquérant. Certes, il est complètement absurde d’enseigner à nos jeunes l’essence même du multiculturalisme; instrument contemporain de l’assimilation québécoise. Avoir des connaissances générales sur les grandes religions est un aspect important pour

comprendre les autres, mais enseigner la religion sous une base vertueuse d’inclusion

est inadmissible, car elle nous a toujours divisés. Ce culte canadien envers l’autre est rendu maladif à un tel point que critiquer le multiculturalisme est passible d’insultes, de mépris et de calomnies. Quand un gouvernement tombe à ce niveau, il montre sa banqueroute morale à tous! Je crois sincèrement qu’aucun être humain, peu importe sa pigmentation de peau, son origine et ses convictions (tant qu’elles ne sont pas haineuses), n’est supérieur ou inférieur. Il va de soi cependant qu’une culture commune persiste tout en étant ouverts aux autres, car nos amis immigrant ici enrichissent notre vision du monde. Ne croyons pas que telle ou telle culture, même la nôtre, a réponse à tout, donc oui, vivement l’inclusion d’autrui. Soyons ouverts, certes, évitons de sombrer dans une situation inconfortable où aucune culture commune n’est reconnue, donc que les efforts de socialisation s’arrêtent brusquement.  De quelle manière la société pourrait-elle rouler avec les conséquences que cela entraîne : ghettoïsation des minorités, tensions religieuses, etc.? Pour éviter l’exclusion de certains et une socialisation efficace pour l’épanouissement de tous, on doit, oui être ouvert d’esprit, mais éviter ce genre d’amalgame de cultures à l’intérieur d’une nation et favoriser l’inclusion tout en légitimant les visions différentes tant que cela respecte nos lois. À travers cela, les Québécois sont soumis à la volonté fédérale, car ils n’ont pas le gros bout du bâton en matière d’immigration. Reconnaître qu’aucune culture n’est officielle revient à faire disparaître à petit feu celles des Autochtones et des Québécois. Ouvert à toutes les minorités linguistiques, mais aucune protection voire un mépris du français qui est pourtant une langue officielle de ce grand pays dit-on. Beau paradoxe, et magnifique néo-colonialisme culturel…

Ne perdons pas de vue notre spécificité nationale

La diversité culturelle que chaque nation apporte fait la richesse de l’humanité. Se déclarer nationaliste et interculturaliste ne revient pas à dénigrer d’autres visions culturelles, mais plutôt à prévaloir la nôtre sans dénigrer personne, car nous contribuons justement à la diversité internationale. Évitons de tomber dans l’homogénéisation planétaire où les confrontations d’idées seraient inexistantes. Pour croître, il est indubitable de réfléchir différemment.  Un jour mes chers compatriotes, nous comprendrons collectivement l’importance de se rassembler pour éviter de dépenser de l’énergie sans cesse pour faire valoir nos idées. Nous nous battrons alors pour faire entendre nos idées comme tout peuple qui se respecte, et enfin, nous serons pleinement nous-mêmes. Sans peur, ni crainte notre identité sera respectée tel tout peuple indépendant. La braise patriotique de notre peuple ne disparaîtra pas si aisément. D’ici là, le multiculturalisme domine, et nous assistons à une véritable oblitération de la nation québécoise.

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