Humoriste à la tête du parti québécois?

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Par Olivier St-Hilaire, Histoire et Civilisation

Guy Nantel dans la course
L’humoriste Guy Nantel, dont l’idole politique est René Lévesque, le fondateur du Mouvement souveraineté-association devenu ensuite le premier chef du Parti québécois (PQ), a officialisé sa candidature pour diriger à son tour la formation politique indépendantiste. Il estime qu’un Québec souverain pourrait demeurer dans un partenariat avec le Canada.
M. Nantel estime qu’il aurait environ deux ans s’il devient chef du PQ pour construire un projet national avant la prochaine élection, puisqu’il n’a pas de siège de député à l’Assemblée nationale. « Les conditions gagnantes, on ne les attend pas, on les fait », a-t-il déclaré. Il éviterait donc les grandes réformes, comme celle d’offrir la gratuité scolaire, jusqu’à ce que le Québec devienne indépendant.

Bien connu du grand public, M. Nantel est prêt à mettre sa carrière d’humoriste en veilleuse s’il l’emporte. Il a annoncé ses intentions à la permanence du parti à Montréal, après s’être procuré sa carte de membre et avoir déposé sa lettre d’intention pour sa candidature. « Je pense que le Parti québécois a besoin d’être restructuré, d’être assumé et d’être décomplexé. Il a besoin d’être uni également », a-t-il expliqué aux journalistes en mêlée de presse. Le choix de l’endroit a étonné certains militants qui ne le considèrent pas encore comme l’un des leurs.

« Il y a des choses qui peuvent être faites éventuellement même plusieurs années après qu’un Québec est souverain, mais moi de toute façon je proposerais une souveraineté-association avec le reste du Canada et il y aurait des choses qui pourraient être faites en commun comme une vraie confédération comme l’Union européenne, donc la monnaie pourrait être une monnaie commune… je ne sais pas, les chemins de fer, on peut discuter de plein d’autres choses comme ça », a-t-il ajouté.

Même s’il reconnaît manquer d’expérience en politique, Guy Nantel croit qu’il pourra y remédier. « Je ne suis pas néophyte dans la mesure où ça fait 32 ans que je fais de l’humour social et politique, a-t-il rappelé. J’ai une capacité de communiquer avec le monde et je sais vulgariser. Je crois que cela a aussi une valeur en politique. »

Au cours de sa campagne pour la course à la direction, iI entend mettre la pérennité de la langue française au cœur de ses préoccupation. Il compte aussi préconiser des valeurs comme celle de l’égalité hommes-femmes, la séparation entre le religieux et l’État ou bien l’intégration des personnes issues des communautés culturelles et la protection de l’environnement.

Certains observateurs de la scène politique craignent un scénario similaire au passage de Martine Ouellet comme cheffe du Bloc québécois qui avait mené à la pire crise de l’histoire du parti. Mme Ouellet, qui prônait la promotion de l’indépendance sur toutes les tribunes, s’était heurtée à des députés qui préconisaient plutôt la défense des intérêts du Québec.

L’approche pressée de Guy Nantel est la meilleure façon pour le PQ « d’aller dans le mur », selon l’historien Frédéric Bastien, l’un de ses opposants dans la course à la direction.

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